Une si longue lettre ! Replongee dans l’univers de ce livre dont je ne me lasserai jamais!
Jamais une lettre de divorce n’a ete si joliment ecrite ! Encore le probleme du mariage entre noble et castre ! Toujours d’actualite !!
Mawdo,
Les princes dominent leurs sentiments pour honorer leurs devoirs.
Les « autres » courbent leur nuque et acceptent en silence un sort qui les brime.
Voilà, schématiquement, le règlement intérieur de notre société avec ses clivages insensés. Je ne m’ y soumettrai point. Au bonheur qui fut nôtre, je ne peux substituer celui que tu me proposes aujourd’hui. Tu veux dissocier l’Amour tout court et l’amour physique.
Je te rétorque que la communion charnelle ne peut être sans l’ acceptation du cœur, si minime soit-elle.
Si tu peux procréer sans aimer, rien que pour assouvir l’orgueil d’une mère déclinante, je te trouve vil. Dès lors, tu dégringoles de l’échelon supérieur, de la respectabilité où je t’ai toujours hissé. Ton raisonnement qui scinde est inadmissible: d’un côté, moi « ta vie, ton amour, ton choix », de l’autre, « la petite Nabou, à supporter par devoir »;
Mawdo, l’homme est un: grandeur et animalité confondues. Aucun geste de sa part n’est de pur idéal. Aucun geste de sa part n’est de pure bestialité.
Je me dépouille de ton amour, de ton nom. Vêtue du seul habit valable de la dignité, je poursuis ma route.
Adieu,
Aïssatou.

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