Super Lady: Selly Raby KANE

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Notre rubrique « Super Lady » déroule cette semaine le tapis rouge à une de nos membres qui a fait le « Buzz » grâce au look super coloré qu’elle a concocté à BEYONCÉ.

Ladies and Gent….. Oups Ladies and Ladies, voici Selly Raby Kane! Enjoy!!!!! 
Quand j’ai découvert son travail en 2010, je l’ai automatiquement transposé sur le premier album de Mika, « Life in cartoon motion » sorti quelques années plus tôt. Je me suis dit que si j’avais réalisé les vidéoclips de cet opus, ce serait les tenues de cette frêle jeune fille au regard pétillant derrière ses lunettes à grosse monture que j’aurais utilisées. Ainsi en mai 2016, lorsqu’à l’occasion de la 12e Biennale de l’art africain contemporain, j’ai appris qu’elle présentait un spectacle intitulé « Alien cartoon », j’ai automatiquement repensé à cet épisode. Il y a 6 ans, sa marque s’appelait encore SERAKA (comme Selly Raby Kane). Depuis, elle s’est rappropriée son nom en entier car l’acronyme SERAKA confie t-elle ne lui disait plus rien et ne correspondait plus ni à son univers, ni à sa trajectoire.
Lundi 13 juin 2016, les paparazzis croquent Beyoncé dans les rues de New York dans une tenue colorée. Et le nom de Selly Raby Kane (SRK) se répand comme une traînée de poudre sur les réseaux sociaux. En quelques heures, la planète entière est au courant que Queen B est habillée par une jeune designer sénégalaise. Le « shrimp kimono » (Kimono Crevette) en bazin, wax et velours est audacieusement accompagné d’une jupe crayon en pagne tissé multicolore que Selly a baptisé « Fatma » du nom de sa grand-mère. Le tout, entièrement fabriqué à Dakar. Ces pièces font partie de sa collection « Dakar, city of birds »
« Jamais mon téléphone n’a autant sonné que ces derniers jours » me confie Selly Raby Kane. Et pourtant cette jeune native de Dakar trace sa voie lentement mais sûrement vers les plus hautes sphères de la mode depuis 2008. Mais un « petit coup de pouce » de la méga star Beyoncé ne se refuse pas. D’ailleurs elle est la deuxième membre de la famille Knowles que Selly habille. La petite sœur Solange avait déjà testé et adoré ses tenues, tout comme Flavian Matata (ex-Miss univers, Rokhaya Diallo (blogeuse et activiste des droits de l’homme), ou encore les Nubians et les Daara J Family.
Mais avant de concrétiser ses rêves de designer, le cœur de Selly a longtemps balancé entre le droit et les sciences politiques. La faute à son passage pendant 10 ans à Radio Gune yi (la radio des enfants). Un projet radio pour et par les enfants de l’ONG Plan International. Après le bac, elle part en France où elle décroche un diplôme en Gestion- Administration des Entreprises avant de revenir à ce qu’elle avait toujours voulu faire, depuis l’époque où elle habillait ses poupées : la mode. Elle obtient ainsi un Master chef de produit des Industries du textile et de l’habillement (MOD’SPE –Paris).
La suite on la connaît. Création de sa propre marque. Défilés entre Johannesburg, Dakar, Paris et New-York. L’univers cartoonesque de SRK séduit partout où elle passe. En 2015, elle est sélectionnée pour faire partie des YALI (Young African Leaders Initiative), un programme du Président américain Obama pour les jeunes leaders du continent. Pendant plusieurs semaines, elle confronte sa vision à celles d’autres bénéficiaires du programme à la Clark University d’Alanta. « Ce n’est pas la rencontre avec le Président Obama qui m’a le plus marquée mais plutôt celle avec d’autres jeunes de mon contient qui m’ont permis de voir que malgré les distances on avait finalement à faire face aux mêmes problématiques et aux même défis et que l’on soit de Harare ou de Dakar, on n’était pas si différents que ça », me dit-elle.
Prodige, alien ou personnage de bande dessinée perdu dans la jungle urbaine africaine, Selly Raby Kane garde malgré tout un regard lucide sur ce qui l’entoure. Elle prépare actuellement l’ouverture de son 1er showroom dakarois et travaille sur sa nouvelle collection qui encore une fois dira son refus d’être enfermée dans le carcan de la mode dite « ethnique ». Mais elle sait que le plus grand défi des jeunes créateurs africains comme elles est celui de la mobilité à travers le continent. « Aller de Dakar à Paris coûte actuellement moins cher que d’aller de Dakar à Abidjan. Imaginez un peu le monde d’opportunités qui s’ouvrirait à nous s’il existait un train express entre Dakar et Jo’burg ». En attendant que ce rêve que certains pourraient qualifier d’utopie se réalise, Selly Raby Kane est prête à aller à la conquête du monde à pied, en car rapide ou pourquoi pas en soucoupe volante comme une bonne extraterrestre que se respecte.
Ndourette. XOXOXO

 

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